Soutenance de thèse : Louis Daumas

Soutenance de thèse : Louis Daumas

Un Bilan financier des trajectoires du GIEC: Mesurer les propriétés d’instabilité financières des trajectoires canoniques d’atténuation

Louis Daumas, sous la direction de Céline Guivarch et Emanuele Campiglio (CMCC Milano, Università di Bologna)

15 décembre

À 15h dans l’amphi et en distanciel

Résumé

La transition vers une économie décarbonée nécessitera la disparition ou l’adaptation des activités économiques émettrices de gaz à effet de serre. Leurs actifs risquent de devenir « échoués », i.e., de voir leur valeur diminuer rapidement, voire devenir nulle. Ces »actifs échoués » comprennent les stocks financiers qui soutiennent les investissements de ces entreprises. La valeur de leurs actions, obligations et prêts pourra diminuer au fur et à mesure de la transition. La transition affectera donc aussi les agents financiers. Si trop importants, ces impacts pourraient entraîner des répercussions négatives sur la stabilité financière, pouvant aller jusqu’à une véritable crise.

Ce doctorat aborde cette question des risques financiers de transition en se concentrant sur ses aspects macro-financiers. Il étudie la manière dont les risques d’instabilité financière peuvent émerger le long des trajectoires d’atténuation compatibles avec l’accord de Paris. Comme il existe une multiplicité de ces voies, la principale contribution de ce doctorat est de démêler les caractéristiques des scénarios conduisant aux risques de transition macro-financiers les plus élevés. Il développe un modèle macroéconomique pour simuler les voies de transition permettant d’étudier la fragilité financière. Face aux incertitudes théoriques, empiriques et méthodologiques d’un tel exercice, cette évaluation est complémentée par des pistes théoriques et empiriques visant à améliorer l’évaluation future des risques de transition. Enfin, ce doctorat ouvre sur une discussion de politique publique en étudiant une proposition radicale visant à atténuer les risques de transition.

Cette thèse commence par un examen critique de la littérature sur les risques de transition. Cette revue de la littérature a permis de mieux cerner les liens de causalité pertinents pour l’étude des risques de transition tout en mettant en évidence les lacunes dans la littérature (Chapitre 1).

Le doctorat poursuit en répondant à sa question principale et étudie les risques de transition le long des trajectoires d’atténuation. Elle propose d’abord un modèle stock-flux cohérent applicable aux trajectoires d’atténuation, le Financial Asset Stranding Model – Investment in Decarbonisation (FASM-ID, « Modèle d’actifs échoués financiers – Investissement et décarbonation »), et l’applique à une série de scénarios dédiés à l’étude des risques de transition (Chapitre 2). Cette méthodologie est ensuite étendue à un large set de scénarios tirés de la base de données du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat pour déterminer quels scénarios sont les plus sensibles aux risques de transition (Chapitre 3).

Ensuite, en s’appuyant sur les chapitres précédents, la thèse propose quelques avancées théoriques et empiriques pour une meilleure évaluation des risques de transition. Est d’abord proposée une nouvelle façon de modéliser les anticipations économiques, identifiées comme un facteur clé des risques de transition (Chapitre 4). Ensuite, la thèse étudie l’évolution de l’exposition des agents financiers aux entreprises à forte intensité de gaz à effet de serre entre l’Accord de Paris et la crise Covid. Cette démarche vise à mieux comprendre comment la répartition des risques de transition dans le système financier peut évoluer dans le temps, afin de mieux modéliser le comportement dynamique du secteur financier et concevoir des politiques idoines (Chapitre 5).

Enfin, dans une dernière partie, la thèse propose une étude de cas d’une politique radicale de lutte contre les risques de transition : la création d’une « bad bank » climat. Cette institution prendrait les actifs susceptibles d’échouage dans son bilan afin de réduire les risques de transition. Ce chapitre compare cette politique avec les bad banks mises en place lors des crises financières, et propose une ébauche de bad bank climat (Chapitre 6).

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