Une théorie économique de la condition animale

Une théorie économique de la condition animale

Une théorie économique de la condition animale

Résumé

Le bien-être des animaux est devenu ces dernières décennies une préoccupation politique majeure des sociétés occidentales. Cette demande sociétale croissante s’observe dans de nombreux domaines et concerne des pans entiers de nos activités économiques, voire de nos vies, tant notre quotidien est dépendant de nos rapports avec les animaux : plus d’un milliard d’animaux terrestres sont tués tous les ans en France (et encore bien plus d’animaux marins), plus de deux millions d’animaux sont utilisés en expérimentation animale, et plusieurs dizaines de millions d’animaux sont tués lors de parties de chasse. Dans tous ces domaines, on observe une forte préoccupation des citoyens pour les conditions de vie des animaux : 95 % de la population française considère que les animaux ont des droits et se déclare sensible à leur bien-être (Ipsos, mai 2021). Ce souci croissant des animaux conduit de nombreux consommateurs à demander plus de transparence sur les conditions d’élevage des animaux par le biais de labels (par exemple l’Etiquette bien-être animal en France) et ainsi à modifier leur comportement d’achat. En Allemagne, on compte désormais près de dix millions de végétariens ou végétaliens.
Cette préoccupation sociale ne se limite cependant pas aux choix individuels de consommation ; elle se traduit aussi par une demande politique croissante pour l’amélioration du bien-être des animaux. Qu’il s’agisse du « référendum pour les animaux » proposé en France en 2020 ou bien de l’initiative citoyenne européenne « End the Cage Age » – deux campagnes portées par des ONG visant à mettre un terme à l’élevage en cage –, la question animale devient également politique…

Citation: Espinosa, R. (2023) Une théorie économique de la condition animale. L’Économie politique, 100, 62-75

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