Modélisation bioéconomique _ le cas de l’agriculture française

Modélisation bioéconomique : le cas de l’agriculture française

Modélisation bioéconomique : le cas de l’agriculture française

Résumé

Imaginer un développement durable, compris comme un développement socioéconomique cohérent avec les dynamiques écologiques, requiert de gérer un système complexe qui articule les écosystèmes et les sociétés humaines, appelé par l’économiste américaine Elinor Ostrom le système socio-écologique [Ostrom, 2009]. Appréhender un tel système complexe demande de comprendre et de modéliser la coévolution des sociétés et de la nature, d’en identifier les dynamiques soutenables, de qualifier la stabilité de ses équilibres ou encore d’anticiper ses points de bascule. C’est précisément l’objectif des modèles dit « bioéconomiques » dont il sera question dans cet article.
Précisons pour commencer la polysémie du terme « bio­économique » dans la littérature scientifique [Vivien et al., 2019]. Certains le relient directement à l’auteur américain d’origine roumaine Georgescu-Roegen et à sa compréhension thermodynamique des systèmes socio-écologiques, tandis que d’autres le comprennent plutôt au sens du « biomimétisme », procédé dans lequel des innovations technologiques et les procédés industriels sont inspirées des systèmes vivants. C’est dans un troisième sens encore que je mobilise ici ce terme : dans la lignée du modèle canonique de Gordon-Schaeffer pour la gestion des pêcheries, j’utilise ici l’adjectif pour caractériser des modèles mathématisés qui articulent des processus économiques et écologiques. Un tel modèle doit remplir trois conditions : intégrer une dynamique biologique explicite, intégrer un processus de décision émanant de la théorie économique et intégrer un lien entre ces deux éléments…

Citation: Mouysset, L. (2023). Modélisation bioéconomique : le cas de l’agriculture française. L’Économie politique, 100, 49-61

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