Arnaud Orain, Les savoirs perdus de l’économie. Contribution à l’équilibre du vivant

Arnaud Orain, Les savoirs perdus de l’économie. Contribution à l’équilibre du vivant

Arnaud Orain, Les savoirs perdus de l’économie. Contribution à l’équilibre du vivant

Résumé

Si la naissance de la discipline économique à partir du XVIIIème siècle a fait l’objet de nombreuses recherches historiques (Larrère, 1992 ; Perrot, 1992 ; Schabas, 2005), celles-ci ont peut-être trop restreint la focale sur certains courants, négligeant ainsi des approches économiques alternatives. C’est en tout cas l’argument qu’Arnaud Orain développe dans cet ouvrage. Il y étudie des pratiques de production et de circulation de connaissances contemporaines de la physiocratie et des débuts de l’économie politique, dans la deuxième moitié du XVIIIème siècle, qu’il regroupe sous les noms de « science du commerce » et « physique œconomique » (reprenant ainsi une classification tripartite élaborée par Philippe Steiner pour les périodiques économiques français  : voir Orain, 2013). Il entend développer une histoire des « savoirs », dans le sens où il ne se limite pas à une histoire des sciences en tant que disciplines institutionnalisées. Si ces savoirs ont été « perdus », c’est qu’ils n’ont pas survécu face à leurs concurrents qui ont donné naissance à l’économie moderne. Orain entend alors nous faire redécouvrir la science du commerce et la physique œconomique, en les considérant pour elles-mêmes, comme des entités propres dont il veut restituer toute la richesse et les spécificités. Il s’oppose ainsi à une vision téléologique de l’histoire de la pensée économique, qui tend à présenter ces deux approches comme des ancêtres de l’économie politique, au même titre que la physiocratie. Son parti pris est exposé de la sorte : « Sans recourir à la fiction des origines, une telle approche permet de faire l’histoire de sciences et de savoirs qui furent autrefois jugés comme autant de développements « possibles », de chemins sur lesquels certains individus et certaines sociétés se sont engagés, puis qui ont disparu » (11).

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