Emmanuel Faure


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Thèse
Thèse

Reconquête forestière des paysages alpins : apports de l’écologie fonctionnelle à la gestion des dynamiques des populations de vertébrés sauvages en contexte de déprise agricole

Directeurs de thèse : Harold Levrel et Sandra Lavorel

Résumé

La marginalisation agricole des zones peu productives de montagne amène à une déprise des paysages pastoraux dans le massif des Alpes. Ce recul du pastoralisme s’accompagne d’un enfrichement des prairies, avec des conséquences négatives pointées sur la biodiversité végétale, ainsi que sur les risques d’incendie. Dans le même temps, plusieurs grands vertébrés, comme les ongulés sauvages d’altitude (chamois, bouquetin, etc.) et le loup, peuvent trouvent dans ces zones enfrichées de nouveaux habitats. Leur progression au détriment de l’élevage est mise en avant par certains collectifs comme une reconquête des dynamiques naturelles, désirable notamment pour l’activité économique locale (via le tourisme de nature) et pour la complexification des réseaux trophiques. Cependant, ces hypothèses n’ont jamais fait l’objet d’études scientifiques dans les milieux alpins, alors que la déprise agropastorale s’y fait plus prégnante d’année en année, et exacerbe les conflits avec la faune sauvage. Leur approfondissement par des approches de modélisation, déjà développées mais non mobilisées dans ce contexte, constitue un véritable verrou scientifique au même titre que l’effet de ce manque de connaissance sur le positionnement et le dialogue des acteurs jouant un rôle dans la gouvernance de cette dynamique. Le projet de thèse vise à déterminer les conséquences de cette dynamique sur les socio-écosystèmes alpins, en s’intéressant principalement à ses composantes écologiques, puis à leur déclinaison dans sa gouvernance. Nous commencerons par dresser un état des lieux des formes prises par la déprise dans les Alpes françaises, afin d’identifier dans ce massif deux à trois terrains d’étude contrastés. Pour chaque terrain, nous chercherons ensuite à identifier les modèles et les données les plus à même de représenter la dynamique spatiale des réseaux trophiques en présence. L’application de ces modèles couplés nous permettra d’établir différents scénarios d’évolution des milieux naturels alpins, en fonction du degré d’intervention humaine, de sorte à mesurer la complexité des réseaux trophiques associés et produire des supports spatialisés à leur gestion. En complément, nous analyserons l’usage qui peut être fait de ces informations écologiques dans un contexte décisionnel spécifique, en cherchant à comprendre les représentations qu’ont les acteurs des dynamiques naturelles, leurs relations avec les autres catégories d’acteurs, et leurs stratégies d’adaptation, qu’elles soient individuelles ou collectives. Ces travaux nous serviront à identifier les contributions possibles de l’écologie scientifique au dialogue entre acteurs qui pourraient porter des innovations en matière de gouvernance et d’adaptation aux dynamiques écologiques de ces territoires. En conclusion, la thèse cherche à apporter des éléments objectifs au débat autour des dynamiques des socio-écosystèmes alpins, autant qu’à aider le décideur dans les politiques publiques par lesquelles il pourra y répondre.