Alice Colsaet

          Thématiques de recherche

  • Économie de l’environnement
  • Biodiversité
  • Artificialisation des sols

Améliorer la gestion de l’artificialisation des sols pour préserver la biodiversité

Directeurs de thèse : Harold Levrel et Yann Laurans

 

Résumé

L’artificialisation des sols est une cause majeure de perte de biodiversité dans le monde, causant la destruction des habitats naturels, leur fragmentation, et plus largement leur détérioration. L’artificialisation désigne le changement d’usage de sols depuis un usage naturel, forestier ou agricole, vers un autre usage : habitat, activités, transports, loisirs ou extraction de matériaux. En France, on estime qu’environ 9 % du territoire est artificialisé. Malgré des objectifs politiques affichés de réduction, voire d’arrêt du phénomène à l’horizon 2050, l’artificialisation se poursuit à un rythme préoccupant d’environ 1 % du territoire (soit un département moyen) tous les 7 à 10 ans. Si l’habitat individuel constitue la première cause d’artificialisation, l’immobilier d’entreprise et notamment la croissance des zones d’activités périphérique constitue également une part importante du phénomène (estimée à environ 20-25%). Ces zones connaissent un développement plus rapide que les autres types d’artificialisation, alors qu’elles soulèvent de nombreuses interrogations concernant leur impact écologique et leur intérêt pour le développement territorial. Ce travail de recherche a pour objectif de mieux comprendre les déterminants de l’artificialisation, sa composition et les politiques publiques qui influencent la consommation d’espace, afin d’identifier des leviers d’action pour la limiter. En particulier, nous nous intéresserons au cas de la consommation d’espace pour les activités économiques dans deux territoires en France et en Allemagne. Nous cherchons tout d’abord à mobiliser et à mettre en perspective la littérature existante, et à utiliser différentes sources de données sur l’artificialisation et sa composition au niveau national et local. A ces études de données secondaires s’ajoute une enquête de terrain auprès des différents acteurs publics et privés qui participent à la consommation d’espace pour les activités économiques, à sa régulation ou à sa gestion. Nous tenterons à travers ces entretiens de comprendre comment, au sein d’un territoire, s’organise la rencontre ou la confrontation entre les logiques économiques des entreprises, la politique de développement économique et la volonté d’encadrer la consommation d’espace, et quels éléments permettent d’expliquer la consommation d’espace pour les activités économiques.